Archives de Catégorie: 2012

21 – Condom – Eauze – Fin de la deuxième partie de notre voyage vers Santiago.

Mardi 24 Avril 2012
21ème Etape  Condom – Eauze 32kms

Le breton pas sympathique nous accompagne pendant le petit déjeuner.
On se croirait vraiment dans une cantine : on s’installe a notre guise, on met la table et on l’a débarasse.
On se sert directement au buffet, le tout dans une chaleureuse ambiance.

Ce matin la météo s’annonce mauvaise. A 8h 15, c’est le départ pour Eauze sous la pluie.
C’est devenu une manie un peu paranoïaque que de garder un oeil sur le ciel.

Nous traversons Condom qui se révèle être une jolie petite ville.

Sur des chemins escarpés et boueux à souhait, muni de son parapluie, notre ami suisse-allemand nous dépasse allégrement

La pluie n’arrête pas de noyer le Gers.

Aujourd’hui nous sommes content car nous allons traverser Montréal !!
http://www.montreal-aude.fr/montrealfrance.htm

En attendant, nous marchons à travers les vignes d’Armagnac.

A Montréal, bonne nouvelle : Il y a un peu de soleil.
Le village est sympa. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Il est midi, nous faisons une halte bienvenue sur la terrasse d’un café ou nous mangeons des carottes rapées accompagnées d’un panaché !
Rare fantaisie alimentaire !!

Souriants et toujours plein d’entrain, nous retrouvons à Montréal….. notre canadien accompagné de la dynamique marcheuse réunionaise.

Nous repartons aprés notre pause vers Eauze.

A partir de ce moment, j’ai une violente douleur sur le dessus du pied. Je met de la crème pour détendre le muscle. Rien n’y fait.
Un poil d’inquiétude m’envahit.

Nous avons encore 17kms à effectuer et j’ai de plus en plus de mal à marcher.
J’enclenche une dynamique négative qui se démultiplie au fur et à mesure des kilomètres.
L’idée de stopper la séance 2012 est de plus en plus présente dans mon esprit.

Avec et contre la douleur, nous arrivons à Eauze.
Telle une voiture-balai prévue pour ramasser les cas les plus désespérés, notre hôte de ce soir vient nous chercher en voiture à l’entrée de la ville.

Nous nous installons dans le gîte, et en prenant ma douche, je tombe dans les “pommes”.
Le mari de notre hôte est pompier. On a eu la chance d’être ce soir chez ces personnes.
J’ai une tendinite et la douleur est grande.

Nos hôtes nous aident à surmonter notre déception (et un peu ma douleur) en nous racontant leur vie d’hospitalié lors d’un repas familial et fortement sympathique.
Les murs de la maison témoignent de leur passion pour les puzzles.

Pendant le repas, j’ai une grande fatigue.
Après avoir repris mes esprits, j’ai compris tout de suite que je ne serez pas en mesure de repartir. C’est sans espoir, abandon !! Je suis plus épuisé que dépité.

Défaite, mode d’emploi :
Manque d’hydratation convenable et suffisante (avec la pluie pas de sensations de soif), échauffement musculaire insuffisant, sollicitation trop importante et inhabituelle du tendon…..

Aujourd’hui, c’est l’abandon, 3 jours avant la fin du périple 2012, avec le goût amer de l’inachèvement.

Vaincu par le chemin, engourdi par la fatigue et la tristesse nous allons maintenant nous projeter vers l’an prochain.

Fin de la deuxième partie de notre voyage vers Santiago.

Ce soir :

Gîte de Nadine et Francis Corlaiti

32800 EAUZE

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://stjacquesdecompostelleundefi.blogspot.fr/2010/07/saint-jacques-de-compostelle-condom.html

Publicités

20 – Lectoure – Condom

Lundi 23 Avril 2012
20ème Etape  Lectoure – Condom 27kms

Après un petit déjeuner en silence, accompagné de notre suisse allemand, nous tamponnons nos crédentiales et partons pour une nouvelle journée de marche.

Départ de Lectoure avec aujourd’hui en ligne de mire, Condom.
Après avoir longé les remparts de la ville nous commençons notre périple à travers des sous-bois.
“Aujourd’hui, il va pleuvoir ou pas ?”
Eh bien oui !! La pluie est déjà là et ne nous quittera pratiquement pas de la journée.

Peu de marcheurs ce matin.

Nos journées sont routinières. Rando, de l’eau, dodo.
Beaucoup de boue sous nos pieds sur des chemins parsemés de flaques d’eau.
Le revêtement ne permet pas d’avoir des appuis stables. Attention aux entorses et accidents musculaires !!

Il y a beaucoup de variantes sur le parcours, on a parfois du mal à se situer.

Avec la pluie il y a aussi du vent. Un vent fort et froid. Mais malgré cela, croyez-le ou non, au cours de cette journée “ordinaire” nous profitons pleinement des paysages vallonnés et de la vue de belles propriétés.

Quelques kilomètres après Lectoure, Il nous semble apercevoir les Pyrénées !!

Notre quotidien nous rattrape…..Nous passons au lieu-dit MONTRAVAIL.

Un peu partout le long du chemin, des pancartes prônent le respect de la nature et l’utilisation des poubelles.

Poussés par l’instinct, tel un troupeau cherchant son point d’eau, nous marchons sous nos capuches ruisselantes en direction de Condom.

Nous traversons des exploitations agricoles et longeons des fermes pas très propres, “confites” dans le temps.

Aujourd’hui encore, on prend un grand bol d’air et on se vide la tête en oubliant les petits tracas de la vie quotidienne.

Malgré la pluie, je ne peux pas laisser filer l’occasion de prendre quelques photos.

On arrive à Condom sans vraiment s’en rendre compte.
C’est magique l’effet que la marche a sur nous. Le bien-être se lit sur notre visage. L’étape s’est déroulée facilement malgré la météo.

“A la fin de l’étape, t’es toujours un peu pressé d’arriver, pour la bière ou le chocolat chaud suivant la météo, mais aussi et surtout pour la douche.”

Le petit “marathon” touche à sa fin, nous arrivons à l’ancien carmel de Condom et ses 20 chambres. “Le chemin est long, surtout vers la fin”.

Après une bonne douche, c’est en quelques rapides enjambées (plus de 10 minutes) que nous rejoignons le centre du village.
On aurait bien exploré cette ville où l’on trouve en bonne place une statue des 3 mousquetaires, mais la pluie nous en décourage vite fait.

On va boire un chocolat chaud et manger des viennoiseries, car ce midi pas de repas à cause du temps, dans un bar, centre d’un certain univers, plutôt intimidant pour de pauvres randonneurs humides, à la recherche d’un endroit chaud et sec pour écrire leurs cartes postales.

De retour au carmel, avant de rejoindre le reste des randonneurs au réfectoire, dans un salon réservé à la détente, confortablement installé dans un canapé, nous regardons à la télévision “un diner presque parfait”.

Le diner est à 19h30. En toute simplicité, nous nous installons à une table. L’endroit présente des allures de colonie de vacances.
Soupe et couscous, voilà bien un repas sans fioritures mais particulièrement efficace, dans une ambiance décontractée qui change de notre soirée d’hier.

“Je suis breton et je cherche des bretons”, la remarque émane d’un individu pèlerin, avec qui nous partagerons notre repas.

Il a tout du “nouveau” notable qui cherche à communiquer sur son statut.

Il s’expose quand il parle d’autre chose que du chemin, en particulier des élections, et suscite autant d’acquiescements que de sarcasmes. C’est assez ridicule car nous ne sommes pas là pour nous prendre la tête.

A notre table, le suisse allemand (un gentil garçon), mais aussi un belge (flamand), un couple du pas de Calais et le fameux breton (de Monaco….. !!).

Il y a aussi une personne, d’un certain âge, un résident du Carmel.

“L’ancien Carmel, accueille des personnes de tous horizons qui cherchent à se reconstruire ou tout simplement un peu de tranquillité loin de l’effervescence de la société, c’est aussi un lieu d’hébergement pour les touristes ou pèlerins à la recherche de vacances solidaires.”

http://www.youphil.com/fr/article/03915-insertion-tourisme-solidaire-carmel-condom?ypcli=ano

Ce soir lit superposé.

Intimité maigrelette, promiscuité tangible, mais malgré tout ce lieu est idéal pour décompresser et recharger les batteries en vue de la journée de demain.

Ce soir :

L’ancien Carmel de Condom

32100 Condom

www.lanciencarmel.com

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

 

http://cheminsdesabbat.blogspot.fr/2012/08/mon-ete-dans-le-gers.html

 


19 – Auvillar – Lectoure

Dimanche 22 Avril 2012

19ème Etape  Auvillar – Lectoure 32kms

Ce matin on a envie de prolonger la nuit entre les draps d’un vrai lit.
Le petit déjeuner se fait en compagnie du sympathique couple d’allemand, avec qui nous avons partagé le gîte hier soir.
Entre bavardages et viennoiseries, le petit déjeuner se déroule sous l’œil bienveillant de nos hôtes. Ils sont d’une gentillesse incroyable. Tout est parfait, même le tampon sur le crédencial, bien plus joli que l’imposant cachet du Cloître de Moissac !

Sac au dos, nous partons d’Auvillar sous le soleil.
Cette année nous voyageons léger, notre sac pèse moins de 8kgs.

La matinée est tranquille et sans difficultés importantes et peu nous importe la température, aujourd’hui on se sent invulnérable.

Petit coup de fil familial pour un anniversaire.
Peu de kilomètres après le départ, nous passons sous une autoroute.
Aujourd’hui, nous formons un petit groupe bien motivé, pendant 2 heures en compagnie de 4 suisses, des adeptes de la randonnée avec des bâtons.
Marcher avec des bâtons ? L’an dernier, nous nous sommes longtemps interrogés sur l’utilité des bâtons. Cette année nous en avons chacun 1. Et ils sont très utiles sur les chemins de terre glissants.

Après avoir pris de l’avance sur les helvètes, nous finirons tous les deux, l’étape du jour. Pas un pèlerin sur le chemin !

La faim commence à se faire sentir. Il est midi nous arrêtons à Miradou.
Le spectacle est le même dans tout le village : commerces fermés, rues désertes. Loin du bruit et de la fureur qui font notre quotidien. Nous mangeons sur un terrain de pétanque, équipé de porte manteaux, lumières et boulier pour compter les points.
Un peu de crudité en boite a sustenté notre faim. Notre léger repas est interrompu par les premières gouttes d’eau de la journée.

Nous reprenons le chemin sous la pluie et traversons des champs avec beaucoup de boue.
Mais il faut bien se rendre à l’évidence que s’il fait soleil t’as chaud, s’il pleut tu prends un bain de boue, et s’il fait ni l’un ni l’autre…..c’est que tu n’es pas sur le chemin !!

Une grosse averse survient à 14 kms de Lectoure.
Nous faisons une pause près d’une rivière, mais pas longtemps car la grêle est également de la partie aujourd’hui. Une grimace dans le froid, un sourire dans la foulée et c’est reparti.
Les kilomètres défilent.

On ne souffre pas de la distance du jour. On voit Lectoure de loin mais on a l’impression de ne jamais arriver. Plus l’arrivée est proche, plus c’est mental.

Nous arrivons à Lectoure. Si l’entrée du gîte est quelque peu difficile à trouver,  le confort est top. Le gite est spacieux et joliment décoré.

Le repas est copieux mais simple. Dans une ambiance feutrée, voire monacale, nous mangeons avec un suisse allemand. Les clichés de la Suisse, les montagnes, le chocolat, les banques, les montres, les référendums tout y passe.

C’est le premier tour des présidentielles. Avant que Morphée nous appelle à la rejoindre, depuis notre lit douillet nous pouvons suivre les résultats sur la télé de notre chambre.

Hollande et Sarkozy sont en finale.

Ce soir :

Le Clos

32700 Lectoure

http:/www.chemindecompostelle.com/leclos/

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://randostelle.over-blog.fr/article-24403536.html


18 – Moissac – Auvillar

Samedi 21 Avril 2012

18ème Etape  Moissac – Auvillar 21kms

Ce matin, le pèlerin canadien a le réveil difficile. En effet, un téléphone “cellulaire” a anticipé son réveil. Il est franc comme du bon pain (que les hospitaliers on du reste oublié de nous donner) et raconte son anecdote téléphonique avec son délicieux accent québécois.
Le petit déjeuner est simple (même avec l’arrivée tardive du pain sur la table) et l’accueil est toujours aussi sommaire. Est-ce que Hospitalier est de la même famille que Hospitalité ?
Pour finir cet encas matinal, le troubadour alsacien d’hier soir, nous (me) “saoule”  avec son sermon sur la sécheresse et le niveau des nappes phréatiques !! On connaît meilleure compagnie, mais il faut composer avec !!

C’est le départ et nous quittons le gîte en même temps que le canadien. Décidemment nous sommes synchro !
Objectif de la journée : que notre binôme puisse rallier Auvillar.
Le temps est gris, l’air frais, c’est déjà la pluie, et nos vêtements sont encore humides. Difficile hier soir, au Carmel, de sécher. Ils ont coupé le chauffage dans la nuit. (c’est la crise !).

Variante incontournable, car aujourd’hui le chemin est impraticable, nous rejoignons le canal en passant devant la gare de Moissac.
Mais marcher sur du bitume, ça chauffe les pieds. Quelques petites ampoules et brulures apparaissent. Un point douloureux justifie une plus grande attention.

Une halte s’impose. Vers 11h nous faisons un petit détour vers Malauze pour prendre un café et une viennoiserie. Café authentique. Ici on fume !! On demande la clef du paradis pour aller aux toilettes.
Nous repartons gonflés d’énergie vers le canal, accompagnés par les aboiements de 3 chiens prêts à en découdre.

On vient d’avaler à toute berzingue; plusieurs kilomètres, le long du canal sur un chemin aux allures d’une piste cyclable.
Têtes baissées, nous suivons un groupe, mené par un postier, à l’allure régulière, donnant à leur marche un air de procession.
Erreur !! Car ils se sont trompés et nous faisons 3 kms de trop !!
On voudrait admonester le leader de ce groupe qui n’a pas tourné au bon moment, mais le problème est que nous aussi on a “loupé” le marquage rouge et blanc nous indiquant qu’il fallait tourner. On s’en veut !!
Mauvaise journée, erreur de parcours, douleurs et pluie.

Vaille que vaille, nous quittons le canal pour prendre la route vers Auvillar toujours sous la pluie et toujours sur le bitume ( c’est la saint MacAdam aujourd’hui ?).
Le ciel est bas et la pluie tombe drue. Un homme, au regard indifférent, nous regarde à travers la vitre de sa fenêtre.

On arrive à Auvillar par une montée sévère mais sous le soleil. Enfin !!
L’heure d’arrivée importe peu, car nous n’avons plus les mêmes repères que le reste de l’année.

Notre gîte est plein, il y a un groupe de suisse. Notre “ex-hôte” nous propose de dormir, dans une chambre d’hôtes, chez des personnes âgées.
« Vous verrez, ils sont très sympa ».
Si tôt la porte franchie, on se sent à l’aise comme rarement. Un peu comme s’il s’agissait de rendre visite à nos grands-parents.
L’endroit est très agréable, accueillant, chaleureux.
La marche s’interrompt, mais pas les efforts, car il reste l’escalier à monter pour regagner notre chambre.

Propres et secs nous faisons un petit tour de ce beau village où les gens vivent sans chichis.
Nous nous arrêtons boire un verre dans un café. La patronne est de Bernay (encore une normande). C’est un bistrot authentique, avec des pensionnaires, et où il ne faut pas avoir des pompes vernies pour rentrer.

Le soir nous mangeons au “Baladin” le menu pèlerin.
L’endroit est atypique avec une belle salle de restauration. Le décor est spectaculaire car des meubles et des objets sont accrochés au plafond.
Il y a dans l’assistance, principalement des marcheurs, dont le couple allemand rencontré à Montcuq et le fameux groupe de suisse.

Ce soir, au gîte, il y a une TV. Après quelques écritures sur le carnet de bord, On regarde un téléfilm sur le drame de Tarragone. C’est le moment de débrancher le cerveau et mettre le corps en mode pause.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Los_Alfaques

Ce soir :

Gîte et chambres d’hôtes de M et Mme Dassonville

82340 Auvillar

http://www.auvillar.com/dassonville.php#hote

LE BALADIN

82340 Auvillar

http://www.lebaladin82.com/

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://jaminwithnancy.com/2012/05/22/moissac-to-auvillar/


17 – Lauzerte – Moissac

Vendredi 20 Avril 2012

17ème Etape  Lauzerte – Moissac 25kms

Ce matin, petit déjeuner avec confiture maison.
Vers 8h00, nous partons d’un bon pas dans la direction de Moissac, pour notre grande promenade quotidienne au grand air.
Nous faisons le grand tour du village de Lauzerte car ici le GR 65 prend des allures de guide touristique.
A la sortie du village, nous nous arrêtons devant une stèle dédiée à la Nation Innu, inaugurée par le chef indien Clifford Moar.
“La terre n’appartient pas à l’homme, C’est l’homme qui appartient à la terre”.
http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/2010/11/09/19433674.html

Après quelques kilomètres, nous passons devant le domaine du Chartron et son magnifique pigeonnier. Cet endroit offre une superbe vue sur le village de Lauzerte.
http://lechartron.pagesperso-orange.fr/index.html

La boue est au rendez-vous et ce n’est pas une mince affaire d’essayer de marcher normalement.
Le ciel est gris mais le paysage a néanmoins une sacrée allure avec ses vignes et arbres fruitiers que nous traversons aujourd’hui.

A midi nous rencontrons notre canadien pique-niquant tranquillement à Durfort-Lacapelette.
Nous nous arrêtons aussi dans ce village prendre un café et un Kit Kat. Le bistrotier nous accueille à “bras fermés” dans son établissement à l’enseigne devant théoriquement être accueillante pour les pèlerins :  “Relais Saint Jacques”.

A la sortie du café, la pluie commence mais la température reste clémente. Va pour la pluie, et tant pis pour le soleil.
Nous voyons une biche morte sur le chemin au bord d’une route.
Des chiens aboient, c’est énervant.

Nous marchons dans des sous-bois et c’est la chute. Je tombe, étalé dans la boue, rien de grave. Après le rhume, la chute ! Ce n’est pas des vacances au Club Med, loin s’en faut !
Puis après des chemins avec la boue, nous avons le droit aujourd’hui à de longues portions de bitume.
Chacun marche à son rythme, mais malgré tout, notre pèlerin canadien sera présent longtemps avec nous aujourd’hui.
La pluie lessive le bitume.

C’est l’arrivée à Moissac et après une bonne ½ heure à marcher à travers la ville, nous arrivons à l’ancien carmel,  propriété de la mairie de Moissac, et géré par le  Club Alpin Français de Toulouse !
Deux hommes assurent l’accueil. Ce sont des bénévoles hospitaliers, on n’a pas idée de la “somme de travail qu’exige la fonction d’hospitalier”, mais on est loin d’avoir un accueil chaleureux et une ambiance conviviale  !
http://www.chemindecompostelle.com/Hospitaliers/Hospitaliers.html

Pourtant l’endroit est spectaculaire et ne manque pas de charme. La bâtisse du 19ème siècle a  abrité 18 nonnes jusqu’en 1950. Nous dormons dans une ancienne cellule.

Nous troquons notre uniforme de randonneur pour une tenue plus cool et accrochons (sur la barre à rideaux) nos vêtements pour qu’ils puissent sécher au-dessus du radiateur électrique.
Nous nous dirigeons au centre de Moissac et passons devant le cloitre qui a la particularité d’être coupé en deux, car, au 19ème siècle, les ingénieurs du chemin de fer ont détruit le réfectoire et la cuisine pour permettre le passage du train. Acte heureusement impensable à notre époque !

On vient trouver un brin de réconfort dans un salon de thé sur la place devant le cloitre, où nous prenons un thé ( of course) et une part de tarte. Damned !! La note est salée. « Profitez messieurs et mesdames de vos arnaques à randonneurs et touristes, tant que le bouche à oreille n’a pas encore fait son effet, et ne venez pas vous plaindre de la crise quand les voyageurs déserterons vos établissements ».

Puis c’est le repas à 19h. L’ambiance est sympa avec une dizaine de personnes autour de la table.
Avant de commencer à manger, un pèlerin (alsacien) grand et barbu se dresse au bout de la table et nous annonce qu’il souhaite chanter !
Les hospitaliers distribuent les paroles de la chanson “Ultreïa”.

Ultreïa

Tous les matins nous prenons le chemin,

Tous les matins nous allons plus loin.

Jour après jour, St Jacques nous appelle,

C’est la voix de Compostelle.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Chemin de terre et chemin de Foi,

Voie millénaire de l’Europe,

La voie lactée de Charlemagne,

C’est le chemin de tous les jacquets.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Et tout là-bas au bout du continent,

Messire Jacques nous attend,

Depuis toujours son sourire fixe,

Le soleil qui meurt au Finistère.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Quand l’amitié estompe le doute

Dans un élan de fraternité

On peut alors reprendre la route

Et s’élever en toute liberté.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

On se plie au jeu de bon cœur. C’est drôle à voir mais surtout à entendre !

Le repas est simple mais bon.
Et Un bon repas permet toujours aux corps de gommer les courbatures et  aux esprits de passer en mode ludique.

Depuis notre départ de Figeac, nous avons régulièrement croisé sur notre chemin, Brigitte, partie du Puy pour aller à Santiago. Ce soir, elle nous annonce son abandon à cause de nombreuses ampoules. Elle n’arrive plus à supporter la douleur. Cette personne laissera longtemps une trace dans nos cœurs et notre mémoire. L’émotion nous monte aux yeux quand elle évoque le décès d’un proche qui a motivé son désir de se rendre à Compostelle. Nous lui souhaitons de revenir un jour à Moissac pour continuer son chemin vers l’espoir.

Ce soir :

L’Ancien Carmel de Moissac

82200 Moissac

http://www.gitecarmel-moissac.fr/wordpress/

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://compostelle1.uniterre.com/entry_tags.php?id=2029&w=compostelle1&tags=moissac


16 – Montcuq – Lauzerte

Jeudi 19 Avril 2012

16ème Etape  Montcuq – Lauzerte 19kms

Petit déjeuner avec pain et confitures industrielles (mais bonnes !).Autour d’un bon café, nous discutons avec les allemands.

Départ tardif à 9h20 de Montcuq pour Lauzerte.

Avant d’entamer notre périple, nous visitons Montcuq, village rendu célèbre par l’émission du petit rapporteur et le sketch de Daniel Prévost “l’arrêt de Montcuq”.
http://www.dailymotion.com/video/x26dy3_le-petit-rapporteur-montcuq_fun

Quelques achats au Petit Casino.  La caissière nous fait remarquer qu’il faut faire attention, avec nos sacs à dos, aux bouteilles exposées en tête de gondole. Dubitatifs, nous quittons la supérette sur la pointe des pieds.
Puis détour par la pharmacie, car ce matin je suis très enrhumé.

Pour sortir de Montcuq nous avons le droit à une montée (c’est terrible les habitudes) “qui brule les cuisses”.

Histoire de varier les plaisirs nous enjambons un tronc d’arbre se trouvant sur notre passage.

Aujourd’hui, un paysage différent des autres jours, avec des petits villages, portant les signes distinctifs de la ruralité.

Il est midi,  la pluie redouble d’intensité, nous n’arrêtons pas pour manger.

Malgré des chemins humides et glissants, nous sillonnons la campagne à un bon rythme.

Je n’arrête pas de me moucher.
“Mon nez coule quelle histoire, Mon nez coule vite un mouchoir, Je sais me moucher, C’est pas compliqué, Faut pincer son nez et souffler, Très fort, plus fort, encore, atchoum” (Philippe Roussel).

Au milieu d’un no man’s land, nous traversons une ferme dans un piteux état. La cours est encombrée de débris d’engins agricoles et de détritus ou tout genre.

Nous passons devant un crucifix taillé dans une haie.
Bien que le bambou ne soit pas un arbuste local, il prolifère le long des chemins.

Il pleut de nouveau, nous sommes trempé, mais peut-on empêcher la pluie de tomber ?

Nous jetons un lointain regard sur Lauzerte qui semble être un magnifique  village.
Il faut grimper un petit chemin pour terminer l’étape.

Nous arrivons à notre gite à 14h15. Conforme à sa réputation (on avait entendu vanter la qualité de cet établissement), le gîte est neuf et très propre. L’équipement est nickel.
On a le droit à un briefing rapide sur le fonctionnement du gîte (heure du repas, lavage et séchage du linge…..), puis à une petite boisson de bienvenue.

Décrotté de frais, nous mangeons notre pique-nique du midi sur une table en bois à l’extérieur du gite. On ne s’éternise pas trop longtemps car la pluie revient.

Je suis fatigué, j’ai mal à la tête, mon nez coule. Nous allons à la pharmacie du village chercher de l’aspirine (le remède miracle !!).

Au gite nous revoyons, les allemands, les gens de Dordogne, des gens vus à Varaire les deux femmes se rendant à Santiago (Brigitte et Lucie)  ainsi que le Laurentien. Il y a également un groupe de jeunes croyants, des hollandais, un groupe de personnes âgées. C’est toujours intéressant que des gens différents se croisent, se rencontrent, partagent.

Pour finir sur une bonne note, nous mangeons ce soir un excellent plat de saucisses aux figues confites (maison).
http://agapes.canalblog.com/archives/2010/09/15/19043515.html

La “bonne bouffe” est aussi un plaisir des pèlerins/randonneurs.

Ce soir :

Gîte des Figuiers

82110 LAUZERTE

http://www.lesfiguiers-lauzerte.com/

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://www.ibimus.com/fr/voyageur/boubou/itineraire/sur-les-chemins-de-compostelle-13/montcuq-lauzerte-14-km_1057.html


15 – Cahors – Montcuq

Mercredi 18 Avril 2012

15ème Etape  Cahors – Montcuq 32kms

Petit déjeuner copieux, à base de produit de chez Carrefour. L’ambiance au gîte est toujours aussi chaleureuse.

Avant de larguer les amarres, nous enfilons nos vêtements de pluie car il y a un petit crachin.
Puis c’est la départ, et nous reprenons notre activité physique quotidienne, en sortant de Cahors par le Pont Valentré et son diable !!
La randonneuse suisse, Liselotte, est derrière nous.

Le crachin du départ est oublié, nos apprécions le grand beau qui règne.
Commence alors la grimpette avec quelques marches au départ.
Au fil de la montée, nous avons une magnifique vue sur la ville de Cahors et tels des touristes ordinaires, nous nous prenons en photo.

Sur de nombreuses pancartes installées le long de la route on peut lire, revendications et messages de colère : “hausse des impôts, ça suffit !!” “halte au dictat monarchique ruineux sur nos cantons”

Nous passons devant un gîte où une jolie pancarte nous informe que Santiago n’est plus qu’à 1153kms !!

Le midi, nous faisons une pause pour manger, mais la pluie arrive et on a juste le temps de manger une boite de thon à 2.

On trouve refuge dans un bar/brasserie/épicerie/poste/boulangerie tenu par un normand de Bernay, supporter de Quevilly. Un maillot est accroché au mur !http://www.usquevilly.fr/site/

Après un bon pain aux raisins et un chocolat chaud nous reprenons la route.
Une violente averse de grêlons nous attend à notre sortie. Nous courrons pour nous réfugier prés d’un transformateur électrique.
Pendant 10 minutes nous attendons une accalmie avant de repartir.
Fou rires en nous voyant avec nos vêtements qui ne sont plus vraiment imperméables.
La pluie ne nous donnera pas de répit pendant les 18kms restant à parcourir jusqu’à Montcuq.

Les degrés Celsius sont pudiques. Un vent frais fait trembler les arbres. La journée devient une galère.
En plus, j’ai un rhume depuis deux jours. Mon nez est un robinet, et les éternuements répétitifs vont rapidement m’handicaper.

Avec la pluie, la boue colle à nos chaussures et ralentit nos pas. Les chemins sont impraticables. Vous avez déjà essayé de marcher ………sans manquer de vous casser la margoulette ? Mais il en faut plus pour nous décourager.

Nous nous arrêtons manger une banane, donnant instantanément un gain d’énergie.

En nous voyant, des chiens (agressifs) aboient, mais notre caravane passe.
Un conseil : http://www.dressage-de-chiens.com/

Peu avant Montcuq, Un chemin pentu nous mène au gîte.
Un gîte sympa et confortable. L’accueil y est chaleureux, de 1ère classe !
Nous montons tranquillement notre sac dans la chambre avec radiateurs chauds et sèche-serviettes. L’idéal pour sécher l’ensemble des vêtements.

A l’heure du repas, nous partageons notre table avec 2 personnes originaire de Dordogne et un couple d’allemands quadragénaire.
Ici l’assiette est copieuse.
Nous discutons en franco/anglais, du chemin et de la Normandie.
Les allemands ont fait l’an dernier Saint Jean pied de port / Santiago.
Cette année ils découvrent les chemins en amont de Saint jean. (Il y a des personnes devant lesquels ont fait profil bas).

Ils nous apprennent que les allemands sont de plus en plus nombreux sur le chemin, suite à la lecture du best-seller de leur compatriote Hans-Peter Kerkeling.Célèbre pour ses « one man show » comiques, il prend la route de Compostelle, tient son journal de bord, et publie : “Je pars ! : Tribulations métaphysiques sur le chemin de Compostelle”.

http://www.amazon.fr/Je-pars-Tribulations-m%C3%A9taphysiques-Compostelle/dp/2352040523

http://www.hapekerkeling.de/

Une bonne soirée, un repas copieux, un sommeil profond (style hybernatus) et ça repart de plus belle pour le lendemain matin.

Ce soir :

Gîte d’étape et de séjour “LE SOULEILLOU”

46800 Montcuq

http://www.gite-etape-souleillou.com

Ils ont également, à un moment ou un autre, fait cette étape :

http://justeuneroute.blogspot.fr/2012/07/jour-18-cahors-montcuq.html